Lire à L'Aurore

Libre cours à mes lectures, mes envies de lecture, partage de moments rares...

21 juillet 2004

"L'épreuve" Béatrice Saubin

File00191_2Béatrice Saubin est née en Septembre 1959 à Rommilly-Sur-Seine. Abandonnée par sa mère, trop jeune pour l’élever, elle grandit avec sa grand-mère dans ce coin reculé de la France. Son enfance ne fut pas facile (elle tombe en dépression très jeune), et l’envie de fuir, voyager, s’ouvrir au monde viennent à la jeune fille de 15 ans ... Au fil de son adolescence, une passion pour l’Asie l’envahit et ne la quittera plus jamais. Du haut de ses 16 ans, elle quitte, pendant plusieurs mois sa ville natale qui l’étouffe pour partir à l’aventure, à pieds ( !) : elle découvre l’Italie et la Grèce, passages obligés pour atteindre son but ... l’Orient. Elle pénètre les secrets d’Istanbul, l’ivresse du voyage lui donne vie et ne l’arrête plus ; elle continue son chemin jusqu’au Liban ... L’Orient la transforme, lui inculque des valeurs jamais rencontrées en Occident, la valeur du Temps, de la Distance qui sépare les personnes, mais ne permet pas la perte d’une personne chère, ... Pourtant, septembre approche avec la rentrée ... retour à Romilly.

Il y a des livres que l'on lit parce qu'on nous les conseille, la presse, des amis, la famille, il y a des livres que l'on croise au détour d'une allée, il a peu de livre que l'on achète parce qu'on a croisé son auteur, enfin sauf bien sur si l'on est dans le journalisme ou critique de presse. J'ai croisé Béatrice Saubin dans une clinique, je ne l'ai pas connue, juste regardée, observée et su qu'elle avait écrit

3 livres

. Je suis allée les acheter, non par curiosité, mais pour la connaître et pour reconnaître ce que j'avais senti émanent de cette femme...j'ai adoré le premier moins aimé les 2 autres, mais j’ai rencontré cette femme et son histoire moi qui n’ai pas osé lui parler, pas pu lui parler…

A partir de son premier périple, Béatrice Saubin ne peut plus vivre en France avec sa Grand-mère qui lui mène la vie dure. Béatrice rêve de Découverte, de Passion, d’Ivresse, de Voyages, d’Aventures ... Plus que jamais, elle ne peut résister à l’appel de l’Orient qui vibre en elle. Elle repart. Elle a 18 ans. Direction l’Inde. Passage à Istanbul, traversée de l’Iran, de l’Afghanistan, du Pakistan, puis enfin ... l’Inde.

Ses pensées, sensations, craintes et découvertes nous sont transmises, elle s’imprègne de tout ce qui s’offre à elle, ce qu’elle voit, ce qu’elle sent ... elle nous donne son voyage, l’impression de le vivre nous vient, ses paroles nous ouvrent à d’autres horizons ... L’envie, à laquelle on essaye de résister, nous prend soudainement, de partir, de la suivre ... Elle poussera sa curiosité jusqu’à la Thaïlande avant de revenir en France pour travailler afin de pouvoir repartir au plus vite. De nombreuses aventures construiront cette jeune française tout au long de ses voyages, pour le moins, fantastiques et fascinants.

Elle n’a pas 20 ans quand elle repart à Bangkok et découvre ensuite la Malaisie. Elle y rencontrera un Chinois avec qui elle vivra une folle passion. Passion qui comme son nom l’indique, la mènera à vivre la souffrance et l’enfer ... Eddy est le nom de ce Chinois qui lui redonnera goùt à la vie après un chagrin d’amour. Ils vécurent une passion dévorante, il lui promit de l’épouser à Paris ... pour celà, il lui offrit une valise (elle qui avait horreur des valises .. ) pour qu’elle l’attende à Paris, le temps qu’il règle quelques affaires professionnelles. Pourtant, le jour de son départ, le 27 Janvier 1980, Béatrice Saubin est arrêtée à l’aéroport de Bayan-Lepas avec 534 grammes d’héroïne dissimulés dans un double-fond de sa nouvelle valise ... Elle a 20 ans. Le traffic de drogue en Malaisie est puni par la mort par pendaison.

Pendant deux ans où elle avait le statut de Préventive à la prison de Penang, avec l’aide d’un avocat du pays, elle prépara son procès. Ces deux ans cloîtrée dans une prison où elle ne connaissait pas même la langue des gardiennes et des prisonnières, et où elle était l’unique "Blanche", lui permettra de faire des rencontres fondamentales à sa survie lors des années futures ...

Le 17 Juin 1982, après six jours de procès où Béatrice clame son innocence, elle est condamnée à mort par pendaison. Elle a 23 ans. Coupable, aux yeux de la justice malaise, elle est coupable d’un traffic dont elle ignore tout. Je vous parle de faits concrets, réels et vécus. Pourtant le plus fou n’est point celà, ce qui nous trouble au plus profond de nous, c’est ce qu’elle nous dit : elle nous transmet et nous décrit tout ce qu’elle ressent à l’instant présent, au moment du verdict, ce qu’elle vit, sa douleur, et ses questions qui ne cessent plus de fuser ...

C’est bien différent d’une biographie où l’auteur parle à la troisième personne. Là, le ""je" est l’unique fil conducteur du livre. On pénètre une sorte de journal intime. On n’en pas nos yeux, et pourtant si, c’est bel et bien vrai, c’est ELLE, son être ... Non seulement elle nous ouvre des portes toujours fermées comme celles des prisons, celles des histoires de femmes brisées, celles de la décadence et de l’horreur, mais surtout, ses portes en Elle, elle s’est ouverte au Monde oriental, comme dans ce livre où elle nous confie sa vie, à nous pauvres lecteurs, plus de 25 ans après les faits ...

Par miracle, un grand avocat français, suite à l’appel désespéré de la Grand-mère de Béatrice, vient au secours de la jeune femme, et le 25 Août 1982, Béatrice Saubin entend ce mot "LIFE" de la bouche de trois juges au sein de la Cour Suprême.

Vivante, après deux mois de pensées mortelles, de cauchemars de cordes et de potences, deux mois pendant lesquels elle avait perdu tout espoir de vie et d’avenir, deux mois d’attente de la Mort. Béatrice Saubin, ne sera donc pas condamnée à mort, mais passera 10 ans de sa vie en Prison en Malaisie pour avoir aimé et s’être fait manipulée ... Elle sortira de prison le 5 Ocotbre, elle a 30 ans.

Ce vécu, nous transperce de courage, d’espoir et d’Amitié, une histoire qui reste gravée dans votre mémoire ...

  • "quand la porte s'ouvre"

  • "la corde au coeur"

sont ses 2 autres livres.

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01 juillet 2003

Pour mieux comprendre la dépression...

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  • Je le recommande, je l'offre, il me parle, il me parle certes bien trop, mais c'est un merveilleux livre...

     Chronique d'une folie
Bien qu'autobiographique, ce récit ne nous détaille pas la vie de William Styron, mais s'attarde sur un aspect bien précis de son existence : La Dépression, la  Dépression nerveuse, la Dépression Chronique...

Dans "Face aux ténèbres", William Styron autopsie le cadavre de sa maladie. Il dissèque les différentes étapes qui ont jalonné sa descente aux enfers : comment les premiers symptômes se sont manifestés; à quel moment il a admis sa maladie; son parcours thérapeutique; son rapport au suicide... et s'il a pu, en 1990 au moment de la parution de ce livre, autopsier ce cadavre, c'est qu'il a réussi à vaincre les ténèbres. Il témoigne donc aussi de son retour dans le monde des vivants : le moment déclencheur, l'incertitude qui accompagne la guérison.
Plusieurs fois, il rappelle que son récit n'a que valeur d'exemple et que la maladie revêt autant d'habits qu'il y a de personnes atteintes. Il est dangereux de faire des généralités : ce qui fonctionnent pour les uns, peut être nocif pour les autres. Il raconte ses journées, les moments où la douleur devient insoutenable. Il parle aussi de ses amis, ceux qui n'ont pas pu ou réussi à affronter ce mal et à en sortir vainqueurs : Romain Gary, Jean Seberg ou encore Primo Levy.
William Styron tente, en toute simplicité, mais avec brio, de partager son expérience, de la faire comprendre aux autres, ceux qui ne l'ont pas connue.
La tempête sous le crâne, la broyeuse, comme la nomme Philippe Labro, Alien, comme je la nomme moi-même, est ainsi moins étrangère à ceux qui ne l'ont pas croisée en chemin et leur permet peut-être d'être plus doux avec ceux qui vivent avec et tente de s'en débarasser.

  • Extrait :

    "Comme tous ceux qui ont connu toutes les phases de la maladie, même les plus extrêmes, et pourtant ont émergé pour en faire le récit, je serai enclin à préconiser une formulation saisissante. "Tempête sous une crâne, par exemple, a malheureusement été utilisé pour décrire, de façon plutôt facétieuse, l'inspiration intellectuelle. Mais quelque chose de cet ordre s'impose. Informé que les troubles psychiatriques dont souffre quelqu'un ont dégénéré en tempête - une authentique tempête déchaînée dans le cerveau, car c'est là en réalité ce qu'évoque le plus fidèlement une dépression clinique - même le plus profane serait enclin à manifester de la compassion plutôt que la classique réaction suscitée par le mot "dépression", quelque chose du genre de "Et alors?" ou bien "Vous finirez par vous en sortir". Ou encore "Tout le monde a ses mauvais moments

Autres livres du même auteur que je conseille pour les avoir lu:

  • "Un lit de Ténèbres" un petit chef d'oeuvre selon moi
  • "Le choix de Sophie" dont le film est merveilleux aussi

Autre livre sur le même sujet et que je recomande aussi:

  • "Tomber sept fois, et se relever huit" Philippe Labro

Livre conseillé par Alex

Posté par auroresss à 11:38 - Autobiographies - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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