19 mars 2007
"La place" Annie Ernaux
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Mon avis: je me suis ennuyée d'un bout à l'autre du livre, je l'ai lu vite non par intérêt mais par ennui et dans la hâte de passer à un autre livre, j'ai espèré entrer à un moment donné et suis arrivée au bout du livre en me disant qu'heureusement il ne faisait que bien peu de pages....cela ne m'a pas donné envie de lire autre chose d'elle mais j'attends bien sur vos avis et vos coups de coeur la concernant...
Dans son roman La place, Annie Ernaux fait revivre ses souvenirs d'enfance et reconstruit, par la description de ses habitudes et faits l'image de son père, et son amour qui l'attachait à elle. L'auteur raconte sa vie à elle: on la voit grandir, poursuivre ses études, quitter ses parents, se marier, revenir dans sa famille, jusqu'aux derniers jours à Yvetot, quand son père meurt. Le roman s'ouvre sur l'épreuve pratique du Capes que l'auteur passe dans un lycée de Lyon à la Croix-Rousse. Deux mois après, son père meurt et avant d'obtenir son premier poste de professeur de français "titulaire", elle prend la décision d'écrire "au sujet de son père, de sa vie". Nous sommes en 1967; rien de nouveau pendant les quinze ans qui séparent cette décision, jusqu'en novembre 1982.Dans des passages-clefs, elle décrit une position privilégiée, la vie de ses parents à Lillebonne, surtout celle du père et les conséquences directes de la mort de ce dernier. Elle raconte d'une part le souvenir des scènes auxquelles elle a assisté, les gestes qu'elle a observés, et d'autre part sa perception intérieure de la situation, perception elle-même dédoublée, puisqu'elle fut un temps en accord avec cette mentalité bourgeoise, puis en révolte ouverte contre elle. Sont décrites l'agonie et la mort du père ainsi que les déceptions de l'enseignante
Commentaires
Ah bon, cela arrive que quelqu'un n'aime pas un livre ? J'avais un peu l'impression d'être la seule ...
oh que oui!!!!
et quel deception....
Moi qui me le suis achetée il n'y a pas très longtemps, je vais peut être attendre avant de le lire ! ;-)
Comme je l'ai expliqué sur un autre blog, ce livre a changé ma vie.
Un soir d'Apostrophes, sur le plateau de Bernard Pivot: un poète imbus de lui-même (paix à son âme s'il en avait une), François Maspero éditeur qui publiait l'un de ses meilleurs romans (Le chat?), d'autres écrivains et une quasi-autiste, une jeune femme blonde que je ne connaissais pas bien qu'elle ai déjà publié deux ou trois livres dont La femme gelée. Le poète n'en finissait pas de dire du bien de lui, de son génie, etc. Maspéro a fini par le faire taire assez grossièrement comme le méritait l'importun. Annie Ernaux tente de parler de La Place, son nouveau livre. Elle begaye, s'embrouille et finit par se taire. Vient ensuite un autre écrivain. Le "poète" tente de reprendre la parole. Maspéro s'énerve. Pivot décide de lancer Maspéro: "Votre livre, le meilleur, etc, etc". A ce moment Maspéro explique qu'il ne va pas parler de son livre, mineur à ses yeux, quand un chef d'oeuvre est sur la table. Il consacre tout son temps à parler de La Place dont l'auteur ne pouvait pas parler. C'est lumineux.
Le lendemain j'achète ce livre. Je suis ébloui. Je l'offrirai je ne sais combien de fois à ceux que j'aime, comme une confidence.
Quand je lis ce que vous en dites, j'ai l'impression que nous avons lu deux livres différents. Pour moi, c'est l'histoire d'une trahison, de ce sentiment qu'éprouve les fils de pauvres quand les circonstances, l'école, que sais-je encore, éprouvent quand ils passent de l'autre côté de la barrière. Chez les instruits, les bourges, les gens bien, etc... Sur la volonté de garder le souvenir de ses origines. Un très grand livre qui dit ce que tant ont vécu, sans savoir ou pouvoir le dire.
Annie Ernaux a expliqué qu'elle a longtemps pensé à ce livre sans pouvoir l'écire tellement l'émotion l'étouffait. Jusqu'au jour où elle s'est décidé à écrire froid, blanc: sujet-verbe-complément. Comment dire autrement que l'on change moins de milieu que de langue. La langue des dominants quand on se sent toujours un dominé.
Voilà
C.Sauvage...merci de ton com, il est vrai que parfois un livre dont on a entendu du bien, un livre qui nous est conseillé par qq1, on ne le lit pas de la même manière que si nous l'achetons au hasard...merci peut-etre le relirai je un jour avec un autre oeil
Tu n'y est pas obligée. Parfois on entre en résonnance avec un livre. C'est une question d'histoire, de temps, de questionnement intime. Je crois que La Place a parlé à beaucoup de lecteurs et lectrices mais on peut ne pas être sensible aussi à ce livre. J'aime beaucoup cette idée que l'on nous donne le savoir ou qu'on le reçoit. Non, le savoir ça se vole! Les beaux mots, la langue même, ne nous sont pas offerts à tous de la même manière. Comme Annie Ernaux, j'ai été voler les mots comme on vole le feu. Et c'est extraordinairement éclairant quand quelqu'un qui a vécu la même expérience que vous vous le dit avec des mots simples et vrais. Voilà, c'est tout
Dommage que ton pseudo ne renvoit pas sur un blog...cela permet aussi de voir ce que la personne aime ou non...merci encore de ton passage...oui certains livres nous parlent bcp plus que d'autres, certains livres nous parlent parce qu'ils raisonnent en nous, parce qu'on se dit qu'on aurait aussi peut-être pu les écrire...
Je tiens une chronique hebdomadaire sur livreshebdo.fr Tu y es la bienvenue.
C.Sauvage/ cela m'interesserait beaucoup, pardon pour ce retard de réponse, comment vous contacter pour cela?
Pas de problème, joignez moi par mon adresse e-mail ou par Livres Hebdo qui me fera suivre votre courrier.
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