21 janvier 1998
"Lolita" Vladimir Nabokov
Un chef d'oeuvre bouleversant, on lit, on comprend, on reconnait et on n'est transporté par la beauté du texte, on ne sait parfois plus qui séduit, qui dégoute, qui est maitre, lui ou elle, lui l'adulte, elle l'enfant, on croit que l'amour est là, puis on se dit que c'est de la folie, qu'il est fou et qu'il ne peut que la détruire...A lire , cette dérive d'un quiquagénaire amoureux d'une très jeune fille, mi-femme mi-enfant. Sur le thème de la transgression, Nabokov évoque son déracinement et son exil ausi.
En résumé
Les égarements d’Humbert Humbert, intellectuel venu de la Vieille Europe, séduit par une nymphette américaine de 12 ans. À sa sortie, ce roman de la perversité a fait scandale.
Mot de l'éditeur
" Lolita, lumière de ma vie, feu de mes reins. Mon péché, mon âme. Lo-lii-ta : le bout de la langue fait trois petits pas le long du palais pour taper, à trois reprises, contre les dents. Lo. Lii. Ta.
Le matin, elle était Lo, simplement Lo, avec son mètre quarante-six et son unique chaussette. Elle était Lola en pantalon. Elle était Dolly à l'école. Elle était Dolorès sur les pointillés. Mais dans mes bras, elle était toujours Lolita. "
Lolita a été porté à l'écran par Stanley Kubrick (1962), avec Peter Sellers, Shelley Winters et Sue Lyon, puis par Adrian Lyne (1997), avec Jeremy Irons, Melanie Griffith et Dominique Swain
La revue de presse de Radio France
"Lolita" est un traité d'accouchement sans douleur de la langue. D'une richesse infinie, inépuisable. Ce que Nabokov a suggéré avec une infinie patience : "Cela peut paraître incroyable, mais il est possible que tout le monde ne se souvienne des premières lignes de Lolita... Notez que, pour obtenir l'effet d'une tendresse rêveuse, les "I" et le "t" ainsi que tout le nom d'ailleurs doivent être "ibérisés"." Lolita est donc une traversée de la Joven Dolorès ou de la Petite Douleur ... Nabokov a parfaitement évalué ce qu'il appelle "l'Etat policier du mythe sexuel". Et c'est ici qu'intervient son coup de génie. Il faudrait dire le COUP du GENIE. Dans un article de 1939 consacré au poète Khodassevitch, il écrit, en pensant bien évidemment à lui-même : "En Russie, le génie n'est pas une sauvegarde, en exil il est le seul salut." Le génie n'est pas même une sauvegarde lorsqu'il reste confiné dans la langue maternelle. "Lolita" est le récit d'un matricide en même temps qu'il est celui d'un accouchement. C'est un accouchement sans douleur qui fait mourir en couches sa langue maternelle et naître une langue nouvelle. C'est un passage sans retour qui assure le salut.
A lire aussi
- "l'enchanteur"
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